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Free Software Foundation : des centaines de défenseurs du logiciel libre appellent Richard Stallman à rendre son tablier
Et l'ensemble du conseil d'administration de la FSF à démissionner

Le , par Michael Guilloux

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La pression monte pour que Richard Stallman (RMS), qui est de retour au sein de la Free Software Foundation (FSF), puisse être éjecté de l'organisation qu'il a créée et dont il a été le symbole depuis des décennies. En effet, après la réaction de l'Open Source Initiative (OSI), des centaines de partisans du logiciel libre ont signé une lettre ouverte pour demander au fondateur du mouvement du Libre de rendre son tablier, mais aussi à l'ensemble du conseil d'administration de la FSF de démissionner.

La Free Software Foundation est une organisation à but non lucratif fondée par Richard Stallman en 1985 avec pour mission de faire la promotion du logiciel libre. Depuis lors, le Chief GNUisance a assuré la présidence de la FSF en plus d'être membre du conseil d'administration, jusqu'à ce qu'il soit contraint de démissionner en 2019. Conséquence de la position qu'il a prise dans l'affaire Epstein qui fait allusion à des agressions sexuelles sur mineures. Cette année-là, Richard Stallman s'était prononcé sur le cas de Marvin Minsky, un expert en IA du MIT avec lequel il semblait avoir des liens d'amitié. Marvin Minsky était accusé d'avoir agressé sexuellement l'une des victimes de Jeffrey Epstein. Mais dans un commentaire, Stallman a remis en cause cet acte considéré comme viol en évoquant une sorte de consentement de la part de ladite victime. Ces propos ont indigné aussi bien le MIT que la communauté du logiciel libre, poussant RMS à démissionner de ses postes au sein du MIT et à la FSF.

Moins de deux ans plus tard, RMS signe son retour au sein de la Free Software Foundation (FSF), du moins en tant que membre du conseil d'administration, et peut-être avec l'intention de reprendre les rênes de l'organisation qu'il a créée. « J'ai une annonce à faire. Je suis à nouveau membre du conseil d'administration de la Free Software Foundation... Certains d'entre vous seront heureux de cela, et certains pourraient être déçus, mais qui sait ? En tout cas, c'est comme ça, et je n'ai pas l'intention de démissionner une deuxième fois », avait-il annoncé lors de l'événement virtuel LibrePlanet de la FSF.

Exprimant son indignation suite à la réintégration de Richard Stallman, l'Open Source Initiative (OSI) a annoncé qu'elle ne collaborera plus avec la Free Software Foundation si RMS ne démissionne pas à nouveau du conseil d'administration de l'organisation. « Pour réaliser pleinement la promesse de l'open source, l'OSI s'engage à construire un environnement inclusif où une communauté diverse de contributeurs se sent bien accueillie. Ceci n'est clairement pas possible si nous incluons ceux qui ont démontré un modèle de comportement incompatible avec ces objectifs... Nous pensons qu'il est inapproprié que Stallman occupe une quelconque position de leader dans la communauté du logiciel libre et open source... L'Open Source Initiative demande à la Free Software Foundation de tenir Stallman pour responsable de son comportement passé, de le retirer de la direction de l'organisation et de s'efforcer de réparer le tort qu'il a causé à tous ceux qu'il a exclus », peut-on lire dans l'annonce de l'OSI.

Des centaines de défenseurs du logiciel libre désavouent Richard Stallman

Presque au même moment où l'OSI dénonçait la réintégration de RMS, des centaines de défenseurs du logiciel libre ont écrit une lettre ouverte pour demander sa démission, et celle de tous les autres du conseil d'administration de la FSF pour leur passivité.

Parmi les signataires de la lettre, on retrouve des développeurs, contributeurs et hauts responsables d'organisations et projets du libre et de l'open source, y compris la GNOME Foundation, l'Open Source Initiative, la Software Freedom Conservancy, l'Apache Software Foundation, la Wikimedia Foundation, l'EFF, etc. On retrouve aussi des universitaires et même un ancien eurodéputé membre du Parti pirate suédois, en l'occurrence Amelia Andersdotter. Tous s'insurgent contre le comportement jugé indésirable de RMS, qui selon eux est une épine dans le pied de la communauté des logiciels libres et open source.

« Richard M. Stallman est depuis longtemps une force dangereuse dans la communauté du logiciel libre. Il s'est montré misogyne, capacitiste et transphobe, entre autres accusations graves d'irrégularité. Ces sortes de croyances n'ont pas leur place dans les communautés du logiciel libre, des droits numériques et de la technologie. Avec sa récente réintégration au conseil d'administration de la Free Software Foundation, nous demandons que l'ensemble du conseil d'administration de la FSF démissionne et que RMS soit démis de tous ses postes de responsabilité.

Nous [les signataires] croyons à la nécessité de l'autonomie numérique et au rôle puissant que joue la liberté des utilisateurs dans la protection de nos droits humains fondamentaux. Afin de réaliser la promesse de tout ce que la liberté logicielle rend possible, il doit y avoir un changement radical au sein de la communauté. Nous croyons en un présent et un avenir où la technologie affranchit – et non opprime – les gens. Nous savons que cela n'est possible que dans un monde où la technologie est conçue pour respecter nos droits à ses niveaux les plus fondamentaux. Bien que ces idées aient été vulgarisées sous une forme ou une autre par Richard M. Stallman, il ne parle pas pour nous. Nous ne tolérons pas ses actions et ses opinions. Nous ne reconnaissons pas son leadership ou le leadership de la Free Software Foundation tel qu'elle se présente aujourd'hui », peut-on lire dans la lettre ouverte. Avant de se montrer plus agressifs à l'égard du fondateur de la FSF.


« Il y a eu suffisamment de tolérance à l’égard des idées et du comportement répugnant de RMS. Nous ne pouvons pas continuer à laisser une personne ruiner le sens de notre travail. Nos communautés n'ont pas de place pour des gens comme Richard M. Stallman, et nous ne continuerons pas à souffrir de son comportement, en lui donnant un rôle de leadership, ou en considérant comme acceptables lui ainsi que son idéologie blessante et dangereuse. » Ils s'en prennent ensuite aux membres actuels du conseil d'administration de la FSF.

« Nous demandons la démission de l'ensemble du conseil d'administration de la Free Software Foundation. Ce sont des personnes qui ont soutenu et encouragé RMS pendant des années. Ils le démontrent à nouveau en lui permettant de rejoindre le conseil d'administration de la FSF. » Ils estiment qu'il est temps pour RMS de « rester en retrait par rapport aux logiciels libres, à l'éthique technologique, aux droits numériques et aux communautés technologiques », car il n'est pas le type de leader dont ils ont besoin que ce soit à la Free Software Foundation ou dans tout autre projet ou organisation qui incarnent le libre et l'open source. Et cela inclut le projet GNU. Les signataires de la lettre exigent en effet « que Richard M. Stallman soit démis de tous les postes de direction, y compris au sein du projet GNU. »

Comme si cela ne suffisait pas, ils appellent les sponsors et tous les membres de la communauté à boycotter la FSF et Richard Stallman. « Nous exhortons ceux qui sont en mesure de le faire à cesser de soutenir la Free Software Foundation. Refusez de contribuer à des projets liés à la FSF et à RMS. Ne parlez pas et n'assistez pas aux événements de la FSF, ou aux événements qui accueillent RMS et sa marque d'intolérance. Nous demandons aux contributeurs de projets de logiciels libres de prendre position contre le sectarisme et la haine dans leurs projets. »

Pour justifier ce rejet catégorique de RMS, une compilation de plusieurs incidents publics de son comportement a été faite. La compilation porte notamment sur la position du fondateur de la FSF sur des sujets tels que la pédophilie, les relations sexuelles avec mineurs, la pornographie des enfants, l'avortement, entre autres. Et dans ses prises de position, RMS semblait chaque fois aller à l'encontre de ce qui est accepté par la société. Doit-on pour cela l'éjecter de l'organisation et des projets qu'il a lui-même créés ?

Source : Lettre ouverte, Compilation d'incidents publics du comportement de RMS

Et vous ?

Le comportement de Richard Stallman est-il un frein à la promotion de valeurs du libre et de l'open source ?
Doit-on pour cela l'éjecter de l'organisation et des projets qu'il a lui-même créés ?
Qu'en est-il de Linus Torvalds ?

Voir aussi

Richard Stallman revient au conseil d'administration de la Free Software Foundation après avoir démissionné en 2019 et déclare qu'il n'a pas l'intention de démissionner une seconde fois
Richard Stallman annonce qu'il est « toujours à la tête du projet GNU », car « le projet GNU et la Free Software Foundation ne sont pas les mêmes », dit-il
Richard Stallman démissionne du CSAIL au MIT ainsi que de son poste de président de la Free Software Foundation, à la suite à ses commentaires sur l'affaire Jeffrey Epstein
« Richard Stallman ne parle pas et ne peut pas parler au nom du mouvement du logiciel libre », a déclaré la Software Freedom Conservancy qui désapprouve ses commentaires sur l'affaire Jeffrey Epstein
Richard Stallman était invité à prendre la parole au siège de Microsoft Research, l'initiateur du mouvement du logiciel libre partage son expérience

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/03/2021 à 13:35
Des partisans de Stallman s'organisent pour inciter la Free Software Foundation à résister à la pression
exercée par des poids lourds de l'open source qui réclament le départ de RMS du conseil d'administration

Suite à sa prise de position dans l'affaire Epstein, Richard Stallman a été contraint de démissionner de son poste de président du conseil d'administration, mais aussi du conseil d'administration lui-même en 2019. Moins de deux ans plus tard, Richard Stallman revient au conseil d'administration de la Free Software Foundation, fondée par lui-même en 1985. Son retour n'a pas été du goût de milliers de personnes et d'organisations de la communauté des logiciels libres et de l'open source (Open Source Initiative, Software Freedom Conservancy, Apache Software Foundation entre autres) qui ont réclamé son départ. Néanmoins, les partisans de Stallman s'organisent pour inciter la Free Software Foundation a résisté à la pression.

Richard Stallman a annoncé lors de l'événement virtuel LibrePlanet de la Free Software Foundation qu'il avait rejoint le conseil d'administration et n'avait pas l'intention de démissionner à nouveau. Avant la conférence, il a déclaré: « J'ai une annonce à faire. Je suis à nouveau membre du conseil d'administration de la Free Software Foundation. Nous travaillions sur une vidéo pour l'annoncer, mais cela s'est avéré difficile, aussi nous ne l'avons pas fait. Je n'ai pas l'expérience de faire ce genre de chose, donc ça n'a pas été fini, mais voici l'annonce. Certains d'entre vous seront heureux de cela, et certains pourraient être déçus, mais qui sait ? En tout cas, c'est comme ça, et je n'ai pas l'intention de démissionner une deuxième fois. »

Les personnes déçues n'ont pas tardé à le faire savoir. L'Open Source Initiative n'a pas hésité à exprimer publiquement son indignation face à ce choix. Sa position est claire : l'organisation refuse que Stallman occupe une quelconque position de leader dans tout ce qui a trait à l'open source et au logiciel libre, et ne collaborera plus avec la FSF si ces deux exigences ne sont pas satisfaites. « Pour réaliser pleinement la promesse de l'open source, l'OSI s'engage à construire un environnement inclusif où une communauté diverse de contributeurs se sent bien accueillie. Ceci n'est clairement pas possible si nous incluons ceux qui ont démontré un modèle de comportement incompatible avec ces objectifs », a-t-elle déclaré.

« Richard Stallman a récemment annoncé qu'il allait revenir au conseil d'administration de la FSF, une déclaration que la FSF n'a pas démentie. Nous pensons qu'il est inapproprié que Stallman occupe une quelconque position de leader dans la communauté du logiciel libre et open source. Si nous ne nous élevons pas contre cela, notre silence pourrait être interprété à tort comme un soutien. L'Open Source Initiative demande à la Free Software Foundation de tenir Stallman pour responsable de son comportement passé, de le retirer de la direction de l'organisation et de s'efforcer de réparer le tort qu'il a causé à tous ceux qu'il a exclus », exige l'OSI.

Selon l'OSI, cela inclut « ceux qu'il [Stallman] considère comme moins dignes, et ceux qu'il a blessés par ses paroles et ses actions ». « Nous ne participerons à aucun événement auquel participe Richard Stallman et nous ne pourrons collaborer avec la FSF tant que Stallman ne sera pas retiré de la direction de l'organisation. Les logiciels libres et open source ne seront pas accessibles à tous tant qu'il ne sera pas possible à chacun de participer en toute sécurité, et nous appelons donc nos pairs de la communauté du logiciel au sens large à se joindre à nous pour prendre ces engagements », a écrit l'OSI dans un billet sur son site Web.

Des centaines de partisans du logiciel libre et l'open source ont signé une lettre ouverte pour demander au fondateur du mouvement du Libre de rendre son tablier, mais aussi à l'ensemble du conseil d'administration de la FSF de démissionner. Parmi les signataires de la pétition, on retrouve des développeurs, contributeurs et hauts responsables d'organisations et projets des logiciels libres et de l'open source, y compris la GNOME Foundation, l'Open Source Initiative, la Software Freedom Conservancy, l'Apache Software Foundation, la Wikimedia Foundation, l'EFF... On retrouve aussi des universitaires, et même un ancien eurodéputé membre du Parti pirate suédois, en l'occurrence Amelia Andersdotter. Tous s'insurgent contre le comportement jugé indésirable de RMS, qui, selon eux, est une épine dans le pied de la communauté des logiciels libres et open source.


Plus de 2 000 personnes et organisations qui l'ont déjà signée. Tor et Mozilla se sont ajoutés à la liste ce mercredi. « Nous ne pouvons pas exiger mieux de l'Internet si nous n'exigeons pas mieux de nos dirigeants, de nos collègues et de nous-mêmes. Nous sommes avec la communauté Open Source Diversity, Outreachy et le projet Software Conservancy et nous soutenons cette pétition », a écrit Mozilla sur sa page Twitter

En demandant la démission du conseil d'administration de la FSF, les organisateurs de la pétition font référence à ces commentaires, aux plaintes pour harcèlement, aux commentaires que Stallman a faits sur les personnes atteintes du syndrome de Down, et à ses commentaires répétés sur le pronom singulier "ils", que les pétitionnaires qualifient de "transphobie mal déguisée". « Il y a eu suffisamment de tolérance envers les idées et le comportement répugnants de RMS. Nous ne pouvons pas continuer à laisser une personne ruiner le sens de notre travail », écrivent les organisateurs de la pétition.

« Nos communautés n'ont pas de place pour des personnes comme Richard M. Stallman, et nous ne continuerons pas à souffrir de son comportement, à lui donner un rôle de leader, ou à le considérer, lui et son idéologie blessante et dangereuse, comme acceptables », s'indignent-ils. Par ailleurs, notons que Stallman est l'une des nombreuses personnalités de la contre-culture technologique dont le comportement, autrefois considéré comme simplement excentrique, a depuis été largement qualifié d'abusif. Par exemple, le créateur de Linux, Linus Torvalds, s'est également retrouvé dans une situation similaire il y a quelques années.

Les partisans de Stallman s'organisent

Le retour de Stallman dans le cercle dirigeant de la FSF n'a pas provoqué que de la colère. Certains l'ont bien accueilli comme Leah Rowe est ingénieure en électronique, militante du logiciel libre et des droits des personnes transgenres britannique. Elle est notamment la fondatrice du projet de BIOS libre Libreboot : « Je suis très heureuse de voir Richard Stallman réintégré au conseil d'administration de la FSF. Cela a été annoncé aujourd'hui dans les flux de LibrePlanet. Il n'est pas président, mais il siège au conseil. FSF n'est pas pareil sans lui. Ils ont besoin de sa force et de sa passion ».

Face aux vives réactions qu'à susciter son retour, ses partisans ont entrepris de faire une lettre ouverte pour signifier leur soutien en ces termes :

« Richard M. Stallman, également connu sous le nom RMS, a été une force motrice dans le mouvement du logiciel libre pendant des décennies, avec des contributions comprenant le système d'exploitation GNU et Emacs.

« Récemment, il y a eu de viles attaques en ligne cherchant à le retirer du conseil d'administration de la FSF pour avoir exprimé ses opinions personnelles. Nous avons déjà vu cela se produire de manière organisée avec d'autres activistes et programmeurs du logiciel libre de premier plan. Nous ne resterons pas les bras croisés cette fois, lorsqu'une icône de cette communauté sera attaquée.

« La FSF est un organisme autonome capable de traiter ses membres de manière juste et impartiale et ne devrait pas céder aux pressions sociales extérieures. Nous exhortons la FSF à examiner objectivement les arguments contre RMS et à vraiment comprendre le sens de ses paroles et de ses actions.

« Historiquement, RMS a exprimé ses opinions d'une manière qui a bouleversé de nombreuses personnes. Il se concentre généralement davantage sur les fondements philosophiques et poursuit la vérité objective et le purisme du langage, tout en sous-accentuant les sentiments des gens sur les questions qu’il commente. Cela rend ses arguments vulnérables aux malentendus et aux fausses déclarations, ce qui, à notre avis, se produit dans la lettre ouverte appelant à sa révocation. Ses propos doivent être interprétés dans ce contexte et en tenant compte du fait que le plus souvent, il ne cherche pas à présenter les choses de manière diplomatique.

« Quoi qu'il en soit, les opinions de Stallman sur les questions pour lesquelles il est persécuté ne sont pas pertinentes pour sa capacité à diriger une communauté telle que la FSF. De plus, il a droit à ses opinions autant que n'importe qui d'autre. Les députés et sympathisants peuvent ne pas être d'accord avec ses opinions, mais doivent respecter son droit à la liberté de pensée et d'expression ».

Une note a été adressée à la FSF qui lui dit :

« La suppression de RMS nuira à l’image de la FSF et portera un coup dur à l’élan du mouvement du logiciel libre. Nous vous exhortons à réfléchir attentivement à vos actions, car ce que vous déciderez aura un impact sérieux sur l'avenir de l'industrie du logiciel.

« À la foule embusquée qui se ligue contre Richard Stallman pour des arguments raisonnables dans le débat et diverses opinions et croyances exprimées pendant des décennies en tant que personnalité publique:

« Vous n'avez aucun rôle à jouer dans le choix du leadership d'une quelconque communauté. Surtout pas via une autre attaque de foule qui ne ressemble pas de loin à un débat assez mené comme illustré par de meilleures personnes telles que Richard Stallman ».

Cette lettre a déjà eu plus de 1400 signatures.

Source : lettre ouverte
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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/04/2021 à 8:40
Debian vote pour ne publier aucune déclaration sur le retour controversé de Stallman au conseil d'administration de la FSF,
qui continue d'alimenter la polémique

Le secrétaire du projet Debian, Kurt Roeckx, a annoncé les résultats d'un vote étroitement surveillé sur la déclaration qui serait faite au sujet de la réadmission de Richard Stallman au conseil d'administration de la Free Software Foundation. Le vote était ouvert de la période allant du 4 au 17 avril 2021.

Sept options ont été envisagées, les 420 développeurs votants du projet Debian ayant également demandé de classer leurs résultats préférés:
  1. Option 1: « Appel à la suppression du conseil d’administration de la FSF, comme dans rms-open-letter.github.io »
  2. Option 2: « Appel à la démission de Stallman de tous les organes de la FSF »
  3. Option 3: « Décourager la collaboration avec la FSF alors que Stallman occupe une position de leader »
  4. Option 4: « Appeler la FSF à poursuivre ses processus de gouvernance »
  5. Option 5: « Soutenir la réintégration de Stallman, comme dans rms-support-letter.github.io »
  6. Option 6: « Dénoncer la chasse aux sorcières contre RMS et la FSF »
  7. Option 7: « Debian ne fera pas de déclaration publique sur ce problème »

Alors que les sept options ont atteint le quorum des voix, deux n'ont pas réussi à obtenir la majorité – les options 5 et 6 (notamment « Soutenir la réintégration de Stallman » et « Dénoncer la chasse aux sorcières contre RMS et la FSF ») L'option qui a recueilli le plus de votes était la 7ème (« ne pas faire de déclaration publique ») – mais ce n’était pas si simple. Le résultat final du vote a été déterminé en comparant toutes les paires d'options possibles pour déterminer quelle option serait toujours préférée par une majorité d'électeurs dans chaque comparaison possible.

Ci-dessous les textes proposés pour les différentes options.

Option 1 : Appel à la démission du bureau de la FSF, comme dans rms-open-letter.github.io

« Le Projet Debian cosigne la déclaration concernant la réadmission de Richard Stallman au conseil d’administration de la FSF pouvant être consultée sur https://github.com/rms-open-letter/r.../main/index.md. Le texte de la déclaration est fourni ci-après.

« Richard M. Stallman, couramment appelé RMS, constitue depuis longtemps un danger pour la communauté du logiciel libre. Il s’est lui-même affiché comme misogyne, capacitiste et transphobe, entre autres accusations graves. Ces sortes d’idées n’ont pas leur place dans le logiciel libre, les droits numériques et les communautés technologiques. Par le fait de sa réintégration dans le conseil d’administration de la Free Software Foundation, nous appelons le conseil en son entier à revenir sur cette décision et d’exclure RMS de tout rôle de dirigeant.

« Nous, les cosignataires, croyons à la nécessité de l’autonomie numérique et à l’importance de la liberté de l’utilisateur pour la protection de nos droits fondamentaux. Afin de réaliser la promesse que la liberté logicielle pour toutes choses soit possible, un changement radical doit advenir dans la communauté. Nous croyons à un présent et un futur où toutes les technologies augmentent les droits des personnes, non pas leur oppression. Nous savons que cela n’est possible que dans un monde où la technologie est construite pour respecter nos droits dans tous leurs aspects les plus fondamentaux. Quoique ces idées aient été popularisées d’une certaine manière par Richard M. Stallman, il ne parle pas en notre nom. Nous n’acceptons pas ses actions et ses opinions. Nous n’admettons pas son commandement ou la direction de la Free Software tels qu’ils se présentent aujourd’hui.

« Il y a eu trop de tolérance à propos du comportement et des idées répugnantes de RMS. Nous ne pouvons permettre qu’une personne gâche la signification de notre travail. Nos communautés n’ont pas de place pour des gens comme Richard M. Stallman, et nous ne continuerons pas à souffrir de son comportement, en lui donnant un rôle primordial, ou autrement en considérant son idéologie blessante et dangereuse comme acceptable.

« Nous appelons à la démission du conseil d’administration de la Free Software Foundation dans sa totalité. Ce sont des gens qui ont permis et soutenu RMS depuis des années. Ils l’ont encore démontré en lui permettant de rejoindre le bureau de la FSF. Il est temps que RMS se retire du logiciel libre, de l’éthique technologique, des droits numériques parce qu’il ne peut nous fournir le leadership dont nous avons besoin. Nous appelons aussi à ce que Richard M. Stallman soit exclu de toutes ses positions de direction, y compris du Projet GNU.

« Nous exhortons tous ceux en position de le faire d’arrêter de soutenir la Free Software Foundation, à refuser de contribuer aux projets relatifs à la FSF et RMS. Ne participez pas aux évènements de la FSF où à ceux qui accueillent RMS et son image d’intolérance. Nous demandons aux contributeurs de projets de logiciel libre de prendre position sur le sectarisme et la haine dans leurs projets. En faisant cela, expliquez pourquoi à ces communautés et à la FSF.

« Nous avons rapporté plusieurs incidents publics du comportement de RMS. Quelques-uns d’entre nous ont leur propre histoire sur RMS et leur relation, des faits qui ne sont pas rapportés dans des courriels ou des vidéos. Nous espérons que vous lirez ce qui a été partagé et considérerez le préjudice qu’il a causé à notre communauté comme à d’autres ».

Option 2 : Appel à la démission de Stallman de tous les organismes de la FSF

« Conformément à la section 4.1.5 de la Constitution, les développeurs ont fait la déclaration suivante :

« Déclaration de Debian à propos de Richard Stallman intégrant le bureau directeur de la FSF

« Nous, membres de Debian, sommes profondément déçus d’entendre que Richard Stallman est réélu à une position dirigeante de la Free Software Foundation après une série d’accusations sérieuses de mauvaise conduite ayant conduit à sa démission de président et membre du bureau de la FSF en 2019.

« Un facteur crucial dans le fait de rendre notre communauté plus ouverte est de reconnaître et mettre en avant quand d’autres personnes sont blessées par nos propres actions et intégrer cela dans nos actions futures. La manière dont Richard Stallman a annoncé son retour dans le bureau manque malheureusement de toute considération de cette sorte de processus de réflexion. Nous sommes profondément déçus que le conseil d’administration de la FSF l’ait de nouveau élu comme membre du bureau en dépit qu’il n’ait fait aucune démarche perceptible pour répondre, bien moins que faire amende honorable, de ses anciennes actions ou des blessures infligées à d’autres. Enfin, nous sommes aussi troublés par le processus mystérieux de sa réélection et par la façon dont elle a été tardivement communiquée [0] aux collaborateurs et amis de la FSF.

« Nous pensons que cette démarche et la façon dont la communication a été faite envoient un message mauvais et blessant et nuisent au futur du mouvement du logiciel libre. Le but de celui-ci est de permettre à tout le monde de contrôler sa technologie et donc de créer une meilleure société pour tout un chacun. Le logiciel libre est destiné à tout le monde quelque soit son âge, ses capacités ou son handicap, son identité sexuelle, son origine ethnique, sa nationalité, sa religion ou son orientation sexuelle. Cela nécessite un environnement ouvert et diversifié accueillant de la même manière tous les contributeurs. Debian réalise que nous-mêmes et le mouvement du logiciel libre devons encore travailler dur pour parvenir à ce que chacun se sente en sécurité et respecté pour participer, et parvenir à remplir la mission du mouvement.

« C’est pourquoi nous appelons à sa démission de tous les organismes de la FSF. Celle-ci doit réfléchir sérieusement à sa décision ainsi qu’à la manière dont elle a été prise pour prévenir de problèmes similaires dans le futur. Par conséquent, dans la situation actuelle, nous sommes incapables de collaborer à la fois avec la FSF et n’importe quelle autre organisation dans laquelle Richard Stallman a une position dirigeante. À la place, nous continuerons avec les individus et les groupes qui encouragent la diversité et l’égalité dans le mouvement du logiciel libre pour remplir notre but commun de permettre à tous les utilisateurs de contrôler leur technologie ».


Option 3 : Déconseiller de collaborer avec la FSF si Stallman fait partie des dirigeants

« Conformément à la section 4.1.5 de la Constitution, les développeurs ont fait la déclaration suivante :

« Déclaration de Debian à propos de Richard Stallman intégrant le bureau directeur de la FSF

« Nous, membres de Debian, sommes profondément déçus d’entendre que Richard Stallman est réélu à une position dirigeante de la Free Software Foundation après une série d’accusations sérieuses de mauvaise conduite ayant conduit à sa démission de président et membre du bureau de la FSF en 2019.

« Un facteur crucial dans le fait de rendre notre communauté plus ouverte est de reconnaitre et mettre en avant quand d’autres personnes sont blessées par nos propres actions et d’intégrer cela dans nos actions futures. La manière dont Richard Stallman a annoncé son retour dans le bureau manque malheureusement de toute considération de cette sorte de processus de réflexion. Nous sommes profondément déçus que le conseil d’administration de la FSF l’ait de nouveau élu comme membre du bureau en dépit qu’il n’ait fait aucune démarche perceptible pour répondre, bien moins que faire amende honorable, de ses anciennes actions ou des blessures infligées à d’autres. Enfin, nous sommes aussi troublés par le processus mystérieux de sa réélection et par la façon dont elle a été tardivement communiquée [0] aux collaborateurs et amis de la FSF.

« Nous pensons que cette démarche et la façon dont la communication a été faite envoient un message mauvais et blessant et nuisent au futur du mouvement du logiciel libre. Le but de celui-ci est de permettre à tout le monde de contrôler sa technologie et donc de créer une meilleure société pour tout un chacun. Le logiciel libre est destiné à tout le monde quelque soit son âge, ses capacités ou son handicap, son identité sexuelle, son origine ethnique, sa nationalité, sa religion ou son orientation sexuelle. Cela nécessite un environnement ouvert et diversifié accueillant de la même manière tous les contributeurs. Debian réalise que nous-mêmes et le mouvement du logiciel libre devons encore travailler dur pour parvenir à ce que chacun se sente en sécurité et respecté pour participer, et parvenir à remplir la mission du mouvement.

« Par conséquent, dans la situation actuelle, le Projet Debian déconseille de collaborer à la fois avec la FSF et n’importe quelle autre organisation dans laquelle Richard Stallman a une position dirigeante. À la place, nous continuerons avec les individus et les groupes qui encouragent la diversité et l’égalité dans le mouvement du logiciel libre pour remplir notre but commun de permettre à tous les utilisateurs de contrôler leur technologie ».

Option 4 : Appel à la FSF de revoir ses processus de gouvernance

« Voici une prise de position des développeurs Debian conformément à notre constitution, section 4.1.5.

« Les développeurs croient fermement que les personnes influentes dans n’importe quelle organisation prépondérante sont, et devraient être, tenues aux normes les plus hautes de responsabilité.

« Nous sommes vraiment désolés que les problèmes de transparence et de responsabilité dans la gouvernance de la Free Software Foundation aient conduit à des griefs sérieux et non résolus d’inconvenances de la part de son fondateur, Richard Stallman, depuis un certain nombre d’années comme président ou membre du bureau. En particulier, nous sommes profondément navrés que le bureau ait jugé utile de le réintégrer sans bien prendre en compte les effets de ses actions sur les plaignants.

« Les développeurs acceptent que des personnes commettent des fautes, mais croient que lorsque ces personnes sont dans une position influente, elles doivent être responsables de leurs erreurs. Nous croyons que la chose la plus importante lorsque des erreurs sont faites est d’apprendre de celles-ci et de modifier son comportement. Nous sommes très inquiets par le fait que Richard et le bureau n’aient pas suffisamment tenu compte des problèmes qui ont touché un grand nombre de personnes et que Richard conserve une influence significative sur le bureau de la FSF comme sur le projet GNU.

« Nous exhortons la Free Software Foundation à revoir les mesures qu’elle a prises en mars 2021 pour remanier la gouvernance de l’organisation et à travailler inlassablement pour que ses engagements soient réalisés. Nous croyons que c’est à travers d’une gouvernance pleinement responsable que les membres d’une organisation sont certains que leur voix sera entendue. La Free Software Foundation doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger son personnel et ses membres, ainsi que la communauté dans son sens large, y compris par un processus robuste et transparent pour traiter les plaintes.

« Nous exhortons Richard Stallman et les autres membres du bureau qui l’ont réintégré à revoir leurs positions.

« Les développeurs sont fiers que les contributeurs au logiciel libre viennent de toutes les branches de la société et que nos expériences et nos opinions multiples sont une force pour le logiciel libre. Mais nous devons toujours poursuivre nos efforts pour être certains que tous les contributeurs soient traités avec égards et qu’ils se sentent en sécurité dans nos communautés – y compris lors de rencontres physiques ».

Option 5 : Soutenir la réintégration de Stallman, comme dans rms-support-letter.github.io

« Le Projet Debian cosigne la déclaration concernant la réadmission de Richard Stallman au conseil d’administration de la FSF pouvant être consultée sur https://rms-support-letter.github.io/. Le texte de la déclaration est fourni ci-après.

« Richard M. Stallman, couramment appelé RMS, a été une force motrice depuis des décennies pour le mouvement du logiciel libre, avec des contributions incluant notamment le système d’exploitation GNU et Emacs.

« Récemment, de viles attaques ont été lancées en ligne cherchant à ce qu’il soit démis du conseil d’administration de la FSF à cause de l’expression de ses opinions personnelles. Nous avons déjà vu cela d’une manière organisée avec d’autres activistes et programmeurs majeurs du logiciel libre. Nous ne resterons pas les bras croisés cette fois-ci alors qu’une icône de la communauté est attaquée.

« La FSF est une entité autonome capable de traiter ses membres d’une façon honnête et impartiale et ne devrait pas se soumettre à des pressions sociales externes. Nous exhortons la FSF à considérer les arguments contre RMS objectivement et à bien comprendre le sens de ses mots et de ses actions.

« Historiquement, RMS a exprimé sa façon de voir d’une manière qui a bouleversé beaucoup de gens. Il est généralement plus porté aux fondements philosophiques et à la poursuite de la véracité objective et du purisme linguistique, tout en sous-estimant les sentiments des personnes sur les sujets qu’il commente. Cela rend ses arguments vulnérables à une mauvaise compréhension et à une déformation des faits, chose que nous pensons qui arrive dans la lettre appelant à sa démission. Ses mots doivent être interprétés dans ce contexte et il doit être pris en compte que le plus souvent, il ne cherche pas à présenter les choses de manière diplomatique.

« Quoi qu’il en soit, l’opinion de Stallman sur le fait qu’il est persécuté n’a aucun rapport avec sa capacité à diriger une société telle que la FSF. De plus, il a le droit d’exprimer ses opinions comme tout un chacun. Les membres et les sympathisants ne sont pas obligés d’être d’accord avec ses opinions, mais doivent respecter son droit à la liberté de penser et de s’exprimer.

« Concernant la FSF :

« La démission de RMS troublerait l’image de la FSF et serait un revers important pour le dynamisme du mouvement du logiciel libre. Nous vous exhortons à envisager vos actions soigneusement, puisque ce que vous déciderez aura un impact sérieux sur le futur de l’industrie logicielle.

« Concernant le groupe en embuscade se liguant contre Richard Stallman et contre ses arguments raisonnables dans le débat et ses opinions et convictions diverses exprimées depuis des décennies en tant que personnalité publique :

« Vous n’êtes nullement concerné dans le choix de la gouvernance de n’importe quelle communauté. Particulièrement, pas à travers une attaque groupée qui ne ressemble en rien à un débat bien conduit comme l’ont illustré de meilleures gens tels que Richard Stallman ».

Option 6 : Condamnation de la chasse aux sorcières à l’encontre de RMS et de la FSF

Debian refuse de participer et condamne la chasse aux sorcières à l’encontre de Richard, de la Free Software Foundation et des membres du bureau de la Free Software Foundation.

Option 7 : Debian ne publiera pas de déclaration sur ce problème

Le Projet Debian ne publiera pas de déclaration publique sur le fait que Richard Stallman devrait être écarté ou non de ses positions dirigeantes.

Toute personne (y compris les membres de Debian) désirant (co)signer n’importe quelle lettre ouverte sur ce sujet est invitée à le faire à titre personnel.

Source : Debian

Et vous ?

Quelle option auriez-vous choisie parmi les 7 ? En auriez-vous envisagé une huitième ?
Que pensez-vous du choix de ne pas faire de déclaration publique ?
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Avatar de Stéphane le calme
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Le 26/03/2021 à 9:39
Red Hat suspend sa participation financière à la FSF suite au retour de Richard Stallman au conseil d'administration de la FSF,
et lui demande d'apporter des changements dans sa gouvernance

Suite à sa prise de position dans l'affaire Epstein, Richard Stallman a été contraint de démissionner de son poste de président du conseil d'administration, mais aussi du conseil d'administration lui-même en 2019. Moins de deux ans plus tard, Richard Stallman revient au conseil d'administration de la Free Software Foundation, fondée par lui-même en 1985. Son retour n'a pas été du goût de milliers de personnes et d'organisations de la communauté des logiciels libres et de l'open source (Open Source Initiative, Software Freedom Conservancy, Apache Software Foundation entre autres) qui ont réclamé son départ. Néanmoins, les partisans de Stallman s'organisent pour inciter la Free Software Foundation à résister à la pression. C'était sans compter sur Red Hat qui a décidé de frapper dans le porte-monnaie.

Richard Stallman a annoncé lors de l'événement virtuel LibrePlanet de la Free Software Foundation qu'il avait rejoint le conseil d'administration et n'avait pas l'intention de démissionner à nouveau. Avant la conférence, il a déclaré: « J'ai une annonce à faire. Je suis à nouveau membre du conseil d'administration de la Free Software Foundation. Nous travaillions sur une vidéo pour l'annoncer, mais cela s'est avéré difficile, aussi nous ne l'avons pas fait. Je n'ai pas l'expérience de faire ce genre de chose, donc ça n'a pas été fini, mais voici l'annonce. Certains d'entre vous seront heureux de cela, et certains pourraient être déçus, mais qui sait ? En tout cas, c'est comme ça, et je n'ai pas l'intention de démissionner une deuxième fois. »

Les personnes déçues n'ont pas tardé à le faire savoir. L'Open Source Initiative n'a pas hésité à exprimer publiquement son indignation face à ce choix. Sa position est claire : l'organisation refuse que Stallman occupe une quelconque position de leader dans tout ce qui a trait à l'open source et au logiciel libre, et ne collaborera plus avec la FSF si ces deux exigences ne sont pas satisfaites. « Pour réaliser pleinement la promesse de l'open source, l'OSI s'engage à construire un environnement inclusif où une communauté diverse de contributeurs se sent bien accueillie. Ceci n'est clairement pas possible si nous incluons ceux qui ont démontré un modèle de comportement incompatible avec ces objectifs », a-t-elle déclaré.

« Richard Stallman a récemment annoncé qu'il allait revenir au conseil d'administration de la FSF, une déclaration que la FSF n'a pas démentie. Nous pensons qu'il est inapproprié que Stallman occupe une quelconque position de leader dans la communauté du logiciel libre et open source. Si nous ne nous élevons pas contre cela, notre silence pourrait être interprété à tort comme un soutien. L'Open Source Initiative demande à la Free Software Foundation de tenir Stallman pour responsable de son comportement passé, de le retirer de la direction de l'organisation et de s'efforcer de réparer le tort qu'il a causé à tous ceux qu'il a exclus », exige l'OSI.

Selon l'OSI, cela inclut « ceux qu'il [Stallman] considère comme moins dignes, et ceux qu'il a blessés par ses paroles et ses actions ». « Nous ne participerons à aucun événement auquel participe Richard Stallman et nous ne pourrons collaborer avec la FSF tant que Stallman ne sera pas retiré de la direction de l'organisation. Les logiciels libres et open source ne seront pas accessibles à tous tant qu'il ne sera pas possible à chacun de participer en toute sécurité, et nous appelons donc nos pairs de la communauté du logiciel au sens large à se joindre à nous pour prendre ces engagements », a écrit l'OSI dans un billet sur son site Web.

Des centaines de partisans du logiciel libre et l'open source ont signé une lettre ouverte pour demander au fondateur du mouvement du Libre de rendre son tablier, mais aussi à l'ensemble du conseil d'administration de la FSF de démissionner. Parmi les signataires de la pétition, on retrouve des développeurs, contributeurs et hauts responsables d'organisations et projets des logiciels libres et de l'open source, y compris la GNOME Foundation, l'Open Source Initiative, la Software Freedom Conservancy, l'Apache Software Foundation, la Wikimedia Foundation, l'EFF... On retrouve aussi des universitaires, et même un ancien eurodéputé membre du Parti pirate suédois, en l'occurrence Amelia Andersdotter. Tous s'insurgent contre le comportement jugé indésirable de RMS, qui, selon eux, est une épine dans le pied de la communauté des logiciels libres et open source.

Plus de 2 000 personnes et organisations qui l'ont déjà signée. Tor et Mozilla se sont ajoutés à la liste ce mercredi. « Nous ne pouvons pas exiger mieux de l'Internet si nous n'exigeons pas mieux de nos dirigeants, de nos collègues et de nous-mêmes. Nous sommes avec la communauté Open Source Diversity, Outreachy et le projet Software Conservancy et nous soutenons cette pétition », a écrit Mozilla sur sa page Twitter


En demandant la démission du conseil d'administration de la FSF, les organisateurs de la pétition font référence à ces commentaires, aux plaintes pour harcèlement, aux commentaires que Stallman a faits sur les personnes atteintes du syndrome de Down, et à ses commentaires répétés sur le pronom singulier "ils", que les pétitionnaires qualifient de "transphobie mal déguisée". « Il y a eu suffisamment de tolérance envers les idées et le comportement répugnants de RMS. Nous ne pouvons pas continuer à laisser une personne ruiner le sens de notre travail », écrivent les organisateurs de la pétition.

« Nos communautés n'ont pas de place pour des personnes comme Richard M. Stallman, et nous ne continuerons pas à souffrir de son comportement, à lui donner un rôle de leader, ou à le considérer, lui et son idéologie blessante et dangereuse, comme acceptables », s'indignent-ils. Par ailleurs, notons que Stallman est l'une des nombreuses personnalités de la contre-culture technologique dont le comportement, autrefois considéré comme simplement excentrique, a depuis été largement qualifié d'abusif. Par exemple, le créateur de Linux, Linus Torvalds, s'est également retrouvé dans une situation similaire il y a quelques années.

Les partisans de Stallman s'organisent

Le retour de Stallman dans le cercle dirigeant de la FSF n'a pas provoqué que de la colère. Certains l'ont bien accueilli comme Leah Rowe est ingénieure en électronique, militante du logiciel libre et des droits des personnes transgenres britannique. Elle est notamment la fondatrice du projet de BIOS libre Libreboot : « Je suis très heureuse de voir Richard Stallman réintégré au conseil d'administration de la FSF. Cela a été annoncé aujourd'hui dans les flux de LibrePlanet. Il n'est pas président, mais il siège au conseil. FSF n'est pas pareil sans lui. Ils ont besoin de sa force et de sa passion ».

Face aux vives réactions qu'à susciter son retour, ses partisans ont entrepris de faire une lettre ouverte pour signifier leur soutien en ces termes :

« Richard M. Stallman, également connu sous le nom RMS, a été une force motrice dans le mouvement du logiciel libre pendant des décennies, avec des contributions comprenant le système d'exploitation GNU et Emacs.

« Récemment, il y a eu de viles attaques en ligne cherchant à le retirer du conseil d'administration de la FSF pour avoir exprimé ses opinions personnelles. Nous avons déjà vu cela se produire de manière organisée avec d'autres activistes et programmeurs du logiciel libre de premier plan. Nous ne resterons pas les bras croisés cette fois, lorsqu'une icône de cette communauté sera attaquée.

« La FSF est un organisme autonome capable de traiter ses membres de manière juste et impartiale et ne devrait pas céder aux pressions sociales extérieures. Nous exhortons la FSF à examiner objectivement les arguments contre RMS et à vraiment comprendre le sens de ses paroles et de ses actions.

« Historiquement, RMS a exprimé ses opinions d'une manière qui a bouleversé de nombreuses personnes. Il se concentre généralement davantage sur les fondements philosophiques et poursuit la vérité objective et le purisme du langage, tout en sous-accentuant les sentiments des gens sur les questions qu’il commente. Cela rend ses arguments vulnérables aux malentendus et aux fausses déclarations, ce qui, à notre avis, se produit dans la lettre ouverte appelant à sa révocation. Ses propos doivent être interprétés dans ce contexte et en tenant compte du fait que le plus souvent, il ne cherche pas à présenter les choses de manière diplomatique.

« Quoi qu'il en soit, les opinions de Stallman sur les questions pour lesquelles il est persécuté ne sont pas pertinentes pour sa capacité à diriger une communauté telle que la FSF. De plus, il a droit à ses opinions autant que n'importe qui d'autre. Les députés et sympathisants peuvent ne pas être d'accord avec ses opinions, mais doivent respecter son droit à la liberté de pensée et d'expression ».

Une note a été adressée à la FSF qui lui dit :

« La suppression de RMS nuira à l’image de la FSF et portera un coup dur à l’élan du mouvement du logiciel libre. Nous vous exhortons à réfléchir attentivement à vos actions, car ce que vous déciderez aura un impact sérieux sur l'avenir de l'industrie du logiciel.

« À la foule embusquée qui se ligue contre Richard Stallman pour des arguments raisonnables dans le débat et diverses opinions et croyances exprimées pendant des décennies en tant que personnalité publique:

« Vous n'avez aucun rôle à jouer dans le choix du leadership d'une quelconque communauté. Surtout pas via une autre attaque de foule qui ne ressemble pas de loin à un débat assez mené comme illustré par de meilleures personnes telles que Richard Stallman ».

Red Hat entre dans la danse

« Red Hat est un donateur et un contributeur de longue date de projets gérés par la Free Software Foundation (FSF), avec des centaines de contributeurs et des millions de lignes de code. Compte tenu des circonstances de la démission initiale de Richard Stallman en 2019, Red Hat a été consterné d'apprendre qu'il avait rejoint le conseil d'administration de la FSF. En conséquence, nous suspendons immédiatement tout financement Red Hat de la FSF et de tout événement organisé par la FSF. De plus, de nombreux contributeurs Red Hat nous ont dit qu'ils ne prévoyaient plus de participer à des événements dirigés ou soutenus par la FSF, et nous les soutenons.

« En 2019, nous avons appelé le conseil d'administration de la FSF à saisir l'opportunité créée par le départ de Stallman pour passer à un conseil d'administration plus diversifié et inclusif. La FSF n'a pris que des mesures limitées dans ce sens. Le retour de Richard Stallman a rouvert des blessures que nous espérions guérir lentement après son départ. Nous pensons que pour regagner la confiance de la communauté du logiciel libre dans son ensemble, la FSF devrait apporter des changements fondamentaux et durables à sa gouvernance.

« Mercredi, le conseil d'administration de la FSF s'est engagé dans une série de changements liés à la gouvernance organisationnelle et à la nomination des membres de son conseil d'administration. Cependant, nous n'avons aucune raison de croire que la dernière déclaration du conseil d'administration de la FSF signale un engagement significatif en faveur d'un changement positif. Nous sommes impatients de travailler avec la FSF et d'autres pour permettre à la FSF de redevenir une organisation de plaidoyer efficace et fiable, conformément à sa mission à but non lucratif ».

Source : Red Hat
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Avatar de stardeath
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Le 25/03/2021 à 14:31
Citation Envoyé par Frédérick L Voir le message
Je suis blanc. Et en plus je suis un mâle. C'est te dire dans quelle catégorie je me trouve.

Et je les défendrais, évidemment. Tout autant qu'il était juste de défendre le droits des femmes à construire des groupes et des associations non-mixtes dans les années 70. Le topo n'est pas différent.

C'est vous qui vous sentez en danger. Pas moi. Interrogez vous pourquoi.
mâle et blanc ... intéressant ... donc selon la logique tordu d'entre autre l'unef, tu n'as en aucun cas la légitimité pour venir ici défendre ton opinion, donc bye bye!

en fait elle est pratique leur logique, tu peux les exclure simplement en leur faisant prendre leur propre médecine
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Avatar de Stéphane le calme
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Le 13/04/2021 à 7:21
Le conseil d'administration de la Free Software Foundation publie une déclaration concernant le retour controversé de Stallman,
parallèlement à une déclaration de Stallman

Le conseil d'administration de la Free Software Foundation a publié une déclaration concernant le retour controversé de Richard M. Stallman (RMS) dans ses rangs, parallèlement à une déclaration de Stallman.

Selon une déclaration conjointe, les membres votant de la Free Software Foundation, parmi lesquels figure le conseil d’administration, ont voté une fois de plus pour nommer RMS à un siège du conseil d'administration, mais seulement « après plusieurs mois de discussions approfondies et de délibérations réfléchies » :

« Les membres votants de la Free Software Foundation, parmi lesquels figure le conseil d'administration, ont voté pour nommer Richard Stallman à un siège du conseil d'administration après plusieurs mois de discussions approfondies et de délibérations réfléchies.

« Nous avons décidé de ramener RMS car sa sagesse nous a manqué. Son sens historique, juridique et technique du logiciel libre est sans égal. Il est profondément sensible aux moyens par lesquels les technologies peuvent contribuer à la fois à l'amélioration et à la diminution des droits humains fondamentaux. Son réseau mondial de connexions est inestimable. Il reste le philosophe le plus éloquent et un défenseur incontestablement dévoué de la liberté en informatique.

« RMS reconnaît avoir commis des erreurs. Il a des regrets sincères, en particulier de la façon dont la colère à son égard a eu un impact négatif sur la réputation et la mission de la FSF. Si son style personnel reste troublant pour certains, la majorité du conseil d'administration estime que son comportement a été modéré et pense que sa réflexion renforce le travail de la FSF dans la poursuite de sa mission.

« Nous assumons l'entière responsabilité de la façon dont nous avons mal géré la nouvelle de son élection à un siège au conseil. Nous avions planifié un flux d'informations qui n'a pas été exécuté en temps opportun ou livré dans le bon ordre.

« Le personnel de la FSF aurait dû être informé et consulté en premier. L'annonce de RMS à LibrePlanet a été une surprise totale pour le personnel, tous ceux qui ont travaillé si dur pour organiser un grand événement, pour les intervenants de LibrePlanet et pour les exposants. Nous avions espéré un processus plus inclusif et réfléchi et nous nous excusons que cela ne se soit pas produit.

« En tant que membre du conseil d'administration, RMS a les mêmes responsabilités que les autres membres. Il est un bénévole non rémunéré et soumis aux politiques de l'organisation, y compris les interdictions contre les conflits d'intérêts et le harcèlement sexuel et celles décrivant les processus de dénonciation et les obligations fiduciaires. Les responsabilités du conseil sont décrites à l'adresse https://www.fsf.org/about/the-role-o...d-of-directors.

« Nous pensons que ses opinions seront essentielles pour la FSF alors que nous faisons progresser la mission et affrontons les défis auxquels la liberté du logiciel est confrontée.

« Au cours des dernières semaines, le conseil s'est engagé à apporter une série de changements liés à la gouvernance organisationnelle, y compris des plans pour adopter un processus transparent et formel pour identifier les candidats appropriés pour devenir de nouveaux membres du conseil, des changements futurs aux règlements administratifs de l'organisation et l'ajout d'un personnel. représentant au conseil d'administration.

« Sélectionné par le personnel syndiqué de la FSF, l'administrateur principal des systèmes Ian Kelling a été élu à un siège nouvellement créé au sein du conseil d'administration en tant que membre votant le 28 mars.

« Le conseil d'administration de la FSF continuera de rechercher des idées et des actions supplémentaires destinées à améliorer la transparence et la responsabilité.

« Il reste encore beaucoup à faire. Nous reconnaissons la nécessité d'attirer une nouvelle génération d'activistes pour la liberté du logiciel et de développer le mouvement. Nous rendrons compte de nos discussions et activités à la communauté au fur et à mesure que nous avancerons.

« Alors que nous travaillons sur ces questions, n'oublions pas le but de notre mouvement, ni l'excellent travail de notre personnel et de toutes les bonnes personnes de la communauté du logiciel libre qui se consacrent à la liberté des utilisateurs ».


Déclaration personnelle de Stallman le 12 avril

« Depuis mon adolescence, j'ai eu l'impression qu'un rideau de film me séparait des autres personnes de mon âge. J'ai compris les mots de leurs conversations, mais je ne pouvais pas comprendre pourquoi ils avaient dit ce qu'ils faisaient. Bien plus tard, j'ai réalisé que je ne comprenais pas les signaux subtils auxquels les autres répondaient.

« Plus tard dans la vie, j'ai découvert que certaines personnes avaient des réactions négatives à mon comportement, ce que je ne savais même pas. Tendant à être direct et honnête avec mes pensées, je mettais parfois les autres mal à l'aise ou même les offensais – en particulier les femmes. Ce n'était pas un choix: je ne comprenais pas suffisamment le problème pour savoir quels choix il y avait.

« Parfois, je perdais mon sang-froid parce que je n'avais pas les compétences sociales pour l'éviter. Certaines personnes pourraient faire face à cela; d'autres ont été blessés. Je m'excuse auprès de chacun d'eux. Veuillez m’adresser vos critiques, pas à la Free Software Foundation.

« Parfois, j'ai appris quelque chose sur les relations et les compétences sociales, alors au fil des ans, j'ai trouvé des moyens de m'améliorer dans ces situations. Quand les gens m'aident à comprendre un aspect de ce qui n'a pas fonctionné, et que cela me montre une façon de mieux traiter les gens, j'apprends à reconnaître quand je dois agir de cette façon. Je continue à faire cet effort et au fil du temps, je m'améliore.

« Certains m'ont décrit comme étant "insensible", et c'est juste. Avec ma difficulté à comprendre les signaux sociaux, cela a tendance à se produire. Par exemple, j'ai défendu le professeur Minsky sur un M.I.T. liste de diffusion après que quelqu'un a sauté à la conclusion qu'il était juste coupable en tant que Jeffrey Epstein. À ma grande surprise, certains ont pensé que mon message défendait Epstein. Comme je l'avais dit précédemment, Epstein est un violeur en série et les violeurs devraient être punis. Je souhaite que ses victimes et ceux qui lui ont fait du mal reçoivent justice.

« Les fausses accusations – réelles ou imaginaires, contre moi ou contre les autres – me mettent particulièrement en colère. Je ne connaissais Minsky que de loin, mais le voir injustement accusé me fit sauter à sa défense. Je l'aurais fait pour n'importe qui. La brutalité policière me met en colère, mais quand les flics mentent à propos de leurs victimes par la suite, cette fausse accusation est le dernier scandale pour moi. Je condamne le racisme et le sexisme, y compris leurs formes systémiques, alors quand les gens disent que non, ça fait mal aussi.

« J'avais raison de parler de l'injustice envers Minsky, mais j’aurais dû reconnaitre le contexte de l'injustice qu'Epstein a faite aux femmes ou la douleur qui en résultait.

« J'en ai appris quelque chose sur la façon d'être gentil avec les personnes qui ont été blessées. À l'avenir, cela m'aidera à être gentil avec les gens dans d'autres situations, ce que j'espère faire ».

Réaction de la communauté

Ni la déclaration de la FSF ni celle de RMS ne semblent susceptibles de changer de manière significative l'opinion de quiconque sur sa réintégration. La faction pro-RMS continuera probablement à faire valoir que RMS est tout simplement mal compris et que, effectivement, il incombe au reste du monde de contourner ce problème. L'impact de ces déclarations sur ceux qui désapprouvent la réintégration de RMS semble encore moins important.

Bradley Kuhn, ancien membre du conseil d'administration de la FSF et actuel Policy Fellow du Software Freedom Conservancy, résume assez bien la position du « RMS n'a pas changé » :

« Les vraies victimes dans toute cette situation ont été généralement ignorées. Nous devons tous nous rappeler que les victimes sont Mme Giuffre et d'autres femmes dont Epstein a fait du trafic sexuel. De nombreux travaux et recherches ont été menés sur la manière d'interagir avec les victimes de la traite sexuelle d'une manière tenant compte des traumatismes et sur la manière de traiter les victimes d'actes aussi horribles avec respect.

« Ces déclarations respectives de la FSF et de RMS ne parviennent pas à le faire; il n'y a pas d'excuses de RMS ni de la FSF à Mme Guiffre, qui est la personne qui a le plus souffert des déclarations de RMS. La déclaration mentionne la punition des mauvais acteurs, mais ne fait aucun effort pour aider, s'excuser et aider les personnes qui ont été principalement lésées par les déclarations de RMS ».

Sources : déclaration RMS, déclaration FSF

Et vous :

Quelle lecture faites-vous de ces déclarations ?
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Avatar de kain_tn
Membre expert https://www.developpez.com
Le 25/03/2021 à 15:12
Citation Envoyé par Jeff_67 Voir le message
Je suis sûrement un complotiste de bas étage. Ça fait longtemps que les géants de la tech font de l'entrisme dans les communautés de logiciels libres. La position "sans concession" de RMS sur ce que doit être un logiciel libre ne doit pas forcément leur plaire.

Les propos de RMS lors de l'affaire Epstein ne pourraient être qu'un prétexte à évincer un personnage devenu gênant au vu des ambitions des GAFAM dans le libre. La rapidité avec laquelle la polémique enfle me semble quelque peu surprenante.

Mais rassurez-vous, je ne suis qu'un complotiste de bas étage.
Alors je pense que l'on est deux. Tu as mis le doigt, selon moi, sur le nœud du prolème: l'attaque de la Open Source Initiative le montre bien.

Je ne suis pas aligné avec RMS sur toutes ses opinions, mais je pense qu'il faut des extrémistes "sans concession" pour atteindre un véritable équilibre face à des géants qui tentent tout ce qu'ils peuvent pour rendre leurs utilisateurs captifs (il y a assez de sujets sur ce forum pour s'en convaincre, comme l'obsolescence programmée, les téléphones que l'on ne peut pas faire réparer, etc etc). Il y a dix ans, je trouvais son attitude de refuser tout matériel ou logiciel non-libre exagérée, alors qu'aujourd'hui les attaques répétées sur la vie privée des gens montrent qu'il avait sans doute raison.
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Avatar de laloune
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 25/03/2021 à 9:09
je crois que tout cela va se retourner un jour contre ces fameux "SWJ" (ça a commencé dans une moindre mesure en France avec l'histoire de l'UNEF)... lorsqu'on découvrira que x% de toutes les dénonciations sont pure calomnie, il y aura un paquet de procès pour diffamation, et ils comprendront que le fait d'être actifs sur les réseaux "sociaux" ne remplace un vrai travail d'investigation, qui devrait être assuré soit par la presse, soit par la justice lorsque plainte il y a
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Avatar de onilink_
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 13/04/2021 à 10:15
Citation Envoyé par MetalFlower Voir le message
Se priver par la même occasion des subventions de Mozilla, Red Hat et autres.
Mais au moins ils ne se privent pas de leur liberté pour une histoire de fric.
L'inverse aurait montré que le "Free" dans leur nom n'existe pas vraiment.

Comme quoi c'est peut être pas une si mauvaise décision.
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Avatar de Jesus63
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 19/04/2021 à 11:47
Bonjour,

Je trouve la lettre adressée contre RMS comme étant le pamphlet le plus cliché et représentatif de l'état actuel du débat public, au moins sur le Net.

- On lui reproche de ne pas appeler le viol perpétré par Marvin Minsky un viol, car la victime serait consentante selon VICE (sic ) alors que la fin du propos est "[...] en supposant qu'elle ait été contrainte par Epstein, il aurait eu toutes les raisons de lui dire de cacher [son consentement] à la plupart de ses associés."
- On lui reproche de nier la notion de violence lors de ce viol, car il n'y a eu aucune mention de ceci dans le rapport, RMS dénonçant l'hypocrisie du rapport qui protège Marvin en omettant cette notion.
- On lui reproche de justifier la pédopornographie car il mentionne que certains mineurs sont consentants à avoir des rapports sexuels; C'est faux, tout simplement, il mentionne le fait que certains articles infantilisent les adolescents (Dans le cas présent agés de 16 ans) lorsqu'il s'agit de méfaits sexuels, et que ces "enfants" sont exploités par leur propre conditions de vie. Ils sont esclaves de leurs conditions et sont contraints à vendre leur corps par nécessité. Le choix venant d'eux, il est difficile de définir un non-consentement, puisque l'intéressé qui prospecte est l'"enfant" et non le client.
- On lui reproche plusieurs fois exactement la même chose ci-dessus.
- On lui reproche de comparer la loi US et Soudanaise sur le viol, disant que le caractère variant de la loi en fait un mauvais outil de droit. Rappel de la loi US : "Le "viol" inclue les relations sexuelles volontaires avec des personnes âgées de moins de N ans (où N varie)." ce qui ne correspond pas du out à la réelle définition d'un viol.
- On lui reproche d'avoir déclaré "J'aurais aimé qu'une femme attirante me 'maltraite' de cette façon quand j'avais 14 ans" à propos d'une affaire concernant une relation entre une enseignante et un élève de 14 ans, alors que son coeur de propos lors de la déclaration reste que le non-consentement n'a jamais été avéré et que l'"enfant" de 14 ans à participé à ceci à 4 reprises auparavant sans encombres apparentes.
Aussi, son propos est tronqué pour ne garder que la partie polémique puisque suivi de "I would have learned many important things and had a much happier life.". Mais bon c'est une première, aucun média n'a jamais tronqué la partie non-polémique d'un de ses propos pour faire du clic.
- On lui reproche de légitimer la possession de pornographie infantile, à propos des mangas animés de ce type; Propos détourné et extrapolé par la partie accusation sur des photos d'enfants réelles. Le problème ici est que je pourrais très bien déposer des fichiers compromettants sur les stockages de mes "ennemis" afin de les accuser de pédopornographie et de ruiner leur vie. La présomption d'innocence est violée ici, ironiquement.
- On lui reproche de justifier la pédophilie encore une fois, bien qu'il n'ait jamais dit grand chose pour. Un aparté qu'il a fait des années plus tard est interprété comme une excuse par la lettre ouverte.
- On l'accuse de "transphobie mal déguisée" lorsqu'il laisse une note de pied-de-page sur l'utilisation du pronom "They" pour la dénomination de personnes.

Bref, je ne vais pas le défendre sur chaque point, mais je pense que le tribunal social populaire d'Internet est encore en train de s'acharner sur un bouc émissaire sans avoir de réelles revendications. Beaucoup de ces propos sont tirés sur blog personnel de Stallman, et parfois ces propos datent de + de 5 ans. Ce n'est pas une époque révolue, mais cette mode de tenir pour responsable sur des propos hors-contexte après plus de 5 ans est assez malsaine. Elle satisfait le besoin de justice karmique à des personnes en recherche de validation morale.
En conclusion; Si aucun d'efforts étaient déployés sur de vraies affaires comme justement celle d'Epstein, ou Harvey Weinstein, nous serions probablement d'accords. Mais ici, ça ne ressemble qu'à de l'acharnement gratuit, faussement constructif et surtout douteux, car cela ressemble beaucoup plus à un coup monté par des personnes ayant réellement un intérêt à faire tomber Stallman, que d'une vraie justice légitime. Un bien triste monde.
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Avatar de laloune
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 25/03/2021 à 11:24
rien de vindicatif, juste un constat : lorsque certains se prennent pour des justiciers et pensent être du coté du "bien" il y a forcément des innocents qui trinquent dans le tas
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